Les "livres d'école"
Exemple : Le tour de la France par deux enfants (G.Bruno)
Quel ouvrage peut se targuer d'avoir totalisé plus de 8,5 millions d'exemplaires de 1877 à nos jours ? Rien que pour l'année 1881 ce sont 589 000 volumes qui ont été commercialisés. L'édition de 1877 a été complétée en 1885 par un livre du maître et en 1906 par une édition refondue, minutieusement laïcisée.
Deux enfants partis de leur Alsace natale occupée, parcourent la France. Ce périple a un caractère encyclopédique : l'élève au fil de la lecture parcourt sans effort le programme scolaire de morale, d'histoire, de géographie...
"...nous avons essayé de mettre à profit l'intérêt que les enfants portent aux récits de voyages. En leur racontant le voyage courageux de deux jeunes Lorrains à travers la France entière, nous avons voulu la leur faire pour ainsi dire, voir et toucher"
(A consulter : Patrick Cabanel "Le tour de la nation par des enfants" Belin 2007)
Une douzaine d'exemplaires de la réédition (texte de 1906 publié en 1977) sont utilisables pour les animations au musée.
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Leçons de choses et "musée scolaire"
Très tôt les programmes officiels ont préconisé les "leçons de choses" : discipline scolaire qui doit permettre à l'enfant d'appréhender le monde qui l'entoure par l'observations des objets usuels, du monde animal et végétal et de tous les phénomènes naturels. A défaut de l'observation directe l'utilisation de représentations par l'image était recommandée : ainsi apparaissent à la fin du XIX° siècle les grands tableaux muraux représentant les différents types de paysages, les planches animalières, les planches anatomiques... Les moyens audiovisuels apparaissent très tôt : les premières lanternes magiques, ancêtres de nos projecteurs utilisaient la lampe à pétrole comme source lumineuse !
Nous avons réuni dans cette salle les éléments très disparates qui ont appartenu aux collections de plusieurs écoles du département : collection de graines, échantillons de bois, os, animaux naturalisés...
La "revanche" et la guerre de 14/18

En 1870 la France a perdu la guerre contre la Prusse et a dû céder l'Alsace et le nord de

la Lorraine aux Allemands. Sommés de payer une forte indemnité de guerre les Français sont animés d'un esprit de revanche qui devient une obsession nationale.
Cette volonté de revanche imprègne tout l'enseignement :
- par le rappel constant des douloureux événements de 1870
- par l'exaltation du sentiment national et le rappel d'un passé glorieux illustré par des figures emblématiques (les Gaulois, Jeanne d'Arc, Napoléon...)
- par l'étude de poèmes patriotiques (tels ceux du Charentais Paul Desroulède)
- par un véritable délire d'exercices destinés à préparer les enfants à la guerre (voir les fusils d'exercice en bois, la collection d'assiettes illustrant les "bataillons scolaires"...)
- par l'entraînement systématique à la discipline, vertu militaire par excellence, qui prive la pédagogie de tout recours à la spontanéité, à l'initiative, l'imagination, la créativité.
L'école de la 3° république : les fondateurs
Jules FERRY : Né à Saint-Dié (Vosges) en 1832. Avocat, journaliste, élu député républicain de Paris en 1869. De 1979 à 1985 il fut au gouvernement
soit comme président du conseil ou ministre des affaires étrangères
et
ministre de l'instruction publique.

Paul BERT : Né à Auxerre (Yonne) en 1833. De formation scientifique (physiologiste), il fut ministre de l'instruction publique
dans le cabinet Gambetta (1881-1882) ; il se montra ardent
partisan de la gratuité et de l'obligation scolaire.
Ferdinand BUISSON : Né en 1841 à Paris. Inspecteur général
puis directeur de l'Enseignement Primaire (1879) ; collaborateur
de Jules Ferry, défenseur de la laïcité de l'Etat, il a participé
à l'élaboration des lois scolaires. Il a collaboré avec le Charentais
Ludovic Trarieux lors de la création de la
Ligue des Droits de l'Homme.
Jean MACÉ : Né en 1815 à Paris.
A partir de 1850 il se voue entièrement à la cause de l'éducation populaire.
Considérant qu'une nation n'est grande que par ses élites
et que ces élites issues du peuple ne peuvent être décelées
que par une école populaire ouverte à tous.
Il est, dès 1866, à l'origine de la
Ligue de l'Enseignement.