Les débuts de l'école
de la Troisième République :

Son histoire à travers les textes officiels

 

 
   
 
 
 
 
   
     Notre bibliothèque vient de s'enrichir des ouvrages contenant les textes législatifs (dont les 4 tomes du Dictionnaire Pédagogique de Ferdinand Buisson), des B.O. nationaux et de la collection des bulletins départementaux de l'Inspection Académique en Charente depuis sa création. Cette riche documentation va nous permettre de retracer l'histoire de l'École de la République.

L’école avant la III° République
   En 1880, il existe nombre d’écoles primaires communales. Mais les moyens financiers pour les faire fonctionner sont très insuffisants.

La révolution
   Les révolutionnaires, inspirés par les philosophes du XVIII° siècle, avaient proclamé le droit à l’instruction et reconnu que le régime nouveau ne pourrait durer que par la formation des citoyens au jugement.  Ces idées généreuses furent sans lendemain : par manque de moyens, la Convention ne put faire appliquer la loi du 17 novembre 1794 qui créait une école par 1000 habitants, où devait être donné un enseignement gratuit par des maîtres à traitement fixe. Il était même prévu des mesures pour favoriser la fréquentation scolaire. L’État ne pouvant financer le salaire des maîtres, la rétribution scolaire ("écolage") fut rétablie le 24 octobre 1795. L’École Normale de Paris,  fondée en 1794 pour former les professeurs des Écoles Normales départementales, ne vit pas le jour et rien ne fut fait pour la formation des maîtres.  Sous l’Empire et la Restauration, les écoles primaires furent négligées. Le clergé reprit la direction de l’instruction, confiant l'enseignement à des ecclésiastiques souvent sans compétences.

La loi Guizot
   Après 1830, le régime se libéralise. La loi Guizot de 1833 organise l’enseignement public en obligeant chaque commune à ouvrir une école primaire élémentaire et chaque ville de plus de 6000 habitants à entretenir une école primaire supérieure. Chaque département doit entretenir une École Normale destinée à la formation des maîtres. Dans les écoles primaires l’enseignement devient gratuit pour les indigents. L’instruction religieuse faisant partie des programmes d’enseignement le curé fait partie du Comité de surveillance de chaque école. L’enseignement reste donc sous le contrôle du clergé et le restera sous le régime de Napoléon III.

La loi Falloux
   Cet ensemble législatif va régir l’école de 1850 à 1880. Il conserve l’ancienne dualité scolaire, avec des écoles privées et une école publique dépendant toujours de l’Église. L’enseignement religieux reste obligatoire, et les écoles sous la surveillance du clergé. Le Conseil Supérieur de l’Instruction publique compte dans ses membres des évêques qui siègent avec les hauts magistrats. Des religieux participent aux jurys du brevet de capacité que l’évêque remplace souvent par la simple lettre d’obédience. Seule avancée, Victor Duruy, impose aux communes la mise en place d’écoles de filles et favorise la gratuité sous la forme d’une aide aux indigents (création de la "caisse des écoles").

     L'ouvrage d'Yvette RENAUD : "L'école en Charente avant Jules FERRY" est disponible au musée de l'école à Saint-Fraigne,
ou par correspondance en cliquant sur le site : art-charentais.com

Les textes fondateurs
de l'école de la III° République

Jules FERRY fut ministre de l’Instruction publique de 1879 à 1883, avec une courte interruption, président du Conseil puis ministre des Affaires étrangères du 20 novembre 1883 au 30 mars 1885. C’est sous son administration directe que furent votées les lois scolaires :

Loi du 9 août 1879 sur la généralisation des Écoles Normales

Loi du 27 février 1880 sur le Conseil supérieur de l’Instruction publique, dont ne feront plus partie que des universitaires élus, délibérant sous la présidence du ministre.

Loi du 21 décembre 1880 sur l’instruction des jeunes filles, identique à l’enseignement masculin.

Loi du 16 juin 1881 sur les titres de capacité de l’enseignement primaire, rendant obligatoire le  brevet élémentaire et supprimant la lettre d’obédience délivrée par le clergé.

Loi du 16 juin 1881 sur la gratuité de l’enseignement primaire dans les écoles publiques. Elle fait supporter les dépenses de l’école publique par les communes, les départements et l’État.

 

Loi du 28 mars 1882 sur l’enseignement primaire obligatoire. Cette obligation entraîne la laïcité des programmes pour que tous les enfants puissent être accueillis sans distinction religieuse.

       La laïcisation deviendra totale avec les lois de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État.

 

 

 









Créer son site | Lettre de résiliation | Faire-part | Musées | Invitations | cadeau d'entreprise | Plan | Infos légales