La plume d'oie
Elle a d'abord été utilisée entière, finement taillée : c'est l'élégante plume traditionnelle (1)
Plumes de canard ou de corbeau ont aussi été utilisées localement.
Parfois débarrassée de ses barbules la plume devient transportable (2)
On taille parfois plusieurs "plumes" dans un tuyau de rémige : les petits morceaux ainsi produits (de la taille d'une classique plume Sergent-Major) sont emmanchés dans un "porte-plume" en bois (3).
La préparation de la plume (durcissement à la cendre chaude et taille au canif) était très délicate ; apprêter les plumes était une des tâches de l'instituteur qui y consacrait beaucoup de son temps...
L'évolution de la plume :
salle d'exposition du musée
La plume d'acier
Bien que rare, cette invention anglaise, est en usage en France dès le début du XIX° siècle. Jusqu'à l'invention du stylo à bille (vers 1950) on fabriquera des centaines de modèles de plumes, principalement en acier, parmi lesquels la célèbre plume "Sergent Major".
Jean-Benoît Mallat (1805-1877), natif d'Angoulême, horloger à Paris, fera breveter en 1853 les célèbres plumes qui feront la renommée de la firme française. Il sera aussi l'inventeur de la plume à réservoir, ancêtre de nos stylos.
Planche du dictionnaire Larousse 1906
L'encre noire
Recette du Dictionnaire encyclopédique Quillet (1934)
L'encre ordinaire est obtenue par l'action d'un sel de fer sur le tanin. On prend 10 kg de noix de galle, 2, 3 kg de sulfate ferreux (vitriol vert) et 250 litres d'eau. On épaissit le liquide en ajoutant 2,5 kg de gomme du Sénégal.
Recette donnée dans : "Choix gradué de 50 sortes d'écritures" (Nombreuses éditions au XIX° siècle)
Pour faire l'encre noire ordinaire, prenez 4 parties en poids de noix de galle, une de bois de campêche, deux de sulfate de fer, deux de gomme arabique. Broyer le tout ensemble dans un mortier et jetez dans 64 à 70 parties d'eau ; faites bouillir et tirez au clair. Beaucoup d'encres contiennent aussi des sulfates de cuivre.
Recette du Dictionnaire pédagogique de Ferdinand Buisson (p. 833 édition de 1887)
Se procurer 12 parties de noix de galle, 8 parties de sulfate d'indigo, 8 parties de couperose verte (prosulfate de fer), 4 à 6 parties de gomme, 32 parties d'eau. Ajouter quelques clous de girofle pour empêcher l'encre de moisir.
Recette relevée dans un bulletin paroissial de la commune de Villefagnan (Charente)
"Prendre un pot de vin, une livre de galle à l'épine, une once de vitriol (le mettre dans un sachet), deux onces d'alun de roche, deux onces de gomme arabique, une once de sucre candis.
Concasser les galles et les mettez dans une bouteille qui ait le col large. Brasser plusieurs fois par jour pendant 4 à 5 jours, sans les faire chauffer ni au feu ni au soleil et à mesure que vous en prendrez, le croistre de vin. Si elle vient à s'affaiblir il faut mettre un peu de chaque chose à proportion du vin qu'on y mettra. Si elle n'est pas assez noire il faut augmenter le vitriol, si elle ne coule pas assez il faut mettre de l'alun, si elle coule trop il faut mettre de la gomme et si elle n'est pas assez brillante il faut mettre un peu de sucre candis. Et vous ferez de très bonne encre."
(Recettes publiées dans "L'école en Charente avant Jules Ferry", Y.Renaud 2000)
Ces encres utilisées avec les plumes animales étaient très corrosives pour les plumes d'acier. C'est ce qui a fait rechercher les formules aboutissant aux encres violette et bleue.
L'encre violette
L'encre de gentiane
La gentiane produisait un pigment naturellement violet qui, simplement mélangé à l'eau, pouvait être utilisé comme encre. On peut encore se procurer le violet de gentiane en pharmacie.
L'encre au bois d'Inde
Se procurer : 255 g de bois d'Inde, 100 g de bière, 10 cl d'eau, 65 g de poudre d'alun, 65 g de sucre non raffiné, 65 g de gomme arabique.
Faire bouillir pendant 30 minutes le bois d'Inde dans l'eau et la bière. Laisser décanter puis ajouter l'alun, le sucre et la gomme arabique. Remuer et laisser refroidir.
L'encre ainsi fabriquée est de très bonne qualité car fabriquée à partir de pigments dont les fines particules se déposent sur le papier (et non simplement le colorant). La qualité d'une encre est déterminée par sa
fluidité et sa
fixité.
Origine de la documentation : http://www encre-et-imprimante.fr/encre-violette
L'encre de nos écoles
Elle s'achetait en petits tubes métalliques, généralement sous la marque déposée ETUIFONT, production J.Herbin (Paris). Ce produit n'est plus commercialisé. Grâce à la gentillesse de quelques anciens instituteurs que nous remercions, nous avons pu constituer une petite réserve de tubes. Pendant quelques années nous pourrons encore faire écrire nos visiteurs à la plume d'acier et à l'encre violette.