Les tables à 4 places, 5 et jusqu'à 8 places ont, dès les années 1880, coexisté avec les tables en bois à 2 places qui meublaient encore certaines classes vers 1970. Les annonces publicitaires dans les revues pédagogiques de la fin du XIX° siècle en témoignent.
Dans nos campagnes les tables à deux places étaient souvent de fabrication locale, comme on peut le constater avec les différents modèles que nous présentons.
Parmi ses grandes tables le musée possède une pièce rare (dans le fond de la classe) : une table à 5 ou 6 places dont le pupitre a 30 cm de large et le banc pas plus de 10 cm.
On note l'absence de trous pour les encriers et de nombreuses entailles et gravures au couteau dans le plateau ; comme on dit ici : la table est "gossée"... Le couteau de poche faisait partie de la panoplie de l'écolier... il était nécessaire pour le casse-croûte emporté dans le cartable.
Ces grandes tables faisaient partie du mobilier dont on recommandait l'usage aux instituteurs en formation dans les premières écoles normales (à partir de 1830)
L'absence d'encriers incite à penser que cette table date du milieu du XIX° siècle (cette hypothèse est confirmée par un expert) période ou les exercices étaient souvent faits sur l'ardoise.
Le chauffage
C'est bien entendu le gros poêle à bois qui est la source de chaleur de la classe. Il pouvait servir aussi pour réchauffer la gamelle de soupe emmenée par les élèves (dans les écoles rurales les cantines ne sont apparues qu'à partir des années 50).
Nous avons placé le poêle au fond de la classe : en réalité il était plus souvent au milieu de la salle car la grande longueur de tuyau nécessaire à l'évacuation des fumées était un excellent moyen d'augmenter le rendement calorifique. La grille de protection qui l'entoure n'était pas toujours présente ; cette sécurité n'a été imposée qu'entre les deux guerres. A côté du poêle le "balai de brande" que les grands élèves utilisaient après avoir aspergé d'eau le parquet à l'aide de l'ouillette (suspendue, à gauche sur la photo)