Nous sommes partis de bonne heure de l’école dans une petite bétaillère à moutons, nous tenant debout agrippés aux ridelles et regardant par la claire-voie à notre hauteur un paysage inconnu.
Le maître était monté devant, avec le conducteur que je ne connaissais pas. Le trajet effectué – huit kilomètres à peine – nous avons stoppé devant une cour d’école déjà occupée par de nombreux candidats, garçons et filles inconnus.
A un moment donné, silence général. Un monsieur est apparu sur le perron des classes, une grande feuille de papier à la main. Il a fait l’appel des candidats. Dans la cour voisine, un autre examinateur a fait l’appel des candidates.
(Souvenirs de Jean Rainaud, C.E.P. à St-Claud, 1° juillet 1927)
17 heures : la commission, en demi-cercle derrière l’inspecteur, lui même face à tous les candidats, à leurs maîtres, aux parents, allait, à l’aide du procès verbal de l’examen, prononcer le nom des candidates et des candidats reçus.
La proclamation des résultats prenait alors une réelle et agréable solennité. A l’appel de son nom, l’élu se détachait du groupe, s’avançait rayonnant de bonheur, recevait son diplôme sur lequel son nom avait été calligraphié et repartait sous les applaudissements du public.
(Souvenirs de M. Labeyrie qui fut inspecteur en Charente)
Dès le certificat de 1877 un prix est décerné à l’aspirant et à l’aspirante qui ont réussi la plus forte somme de points. En outre un prix spécial est accordé dans chaque canton à l’école de garçons et à l’école de filles qui ont obtenu le plus de succès en proportion du nombre total des élèves inscrits.
L’attribution du « prix cantonal » a ainsi, chaque année, accompagné la vie du Certificat jusqu’à la disparition de celui-ci. C’était une récompense fort convoitée qui donnait lieu à une compétition entre les meilleurs candidats et, du même coup contribuait au prestige de l’instituteur et de l’école ou celui-ci enseignait.
Jusqu’à la seconde guerre mondiale l’obtention du prix cantonal se doublait souvent d’un voyage offert aux heureux lauréats par les délégués cantonaux de tout le département. Mais on prenait grand soin d’organiser cette sortie de façon distincte, une année pour les filles, l’année suivante pour les garçons !